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Violences intrafamiliales et contrôle coercitif. Quels enjeux pour la justice de demain ?

3 février 2026 par
La Maison du Divorce, Caroline Simon

Violences intrafamiliales et contrôle coercitif. Quels enjeux pour la justice de demain ?

 

La loi du 13 juillet 2023 dite « Stop Féminicide » a définit explicitement en droit belge la notion de contrôle coercitif. Cette reconnaissance légale constitue une avancée dans la compréhension et la lutte contre les violences intrafamiliales entre (ex-)partenaires.  

1.Qu'est-ce que le contrôle coercitif ?

Le contrôle coercitif désigne un schéma de comportements continus ou répétés visant à dominer, isoler et contrôler un(e) partenaire ou ex-partenaire. Contrairement aux violences physiques, le contrôle coercitif s'inscrit dans la durée et englobe:

·        L'isolement social (ex : couper la victime de sa famille et de ses amis)

·        La surveillance constante (ex : trackers GPS, contrôle des communications)

·        Le contrôle économique : (ex : restriction de l'accès aux ressources financières)

·        Les menaces et intimidations (ex : menaces de mort, passages répétés devant le domicile)

·        L'abus psychologique (ex : dénigrement, humiliation, manipulation)

Bien que ne constituant pas une nouvelle infraction, cette notion doit être prise en considération par les services de police et les magistrats dans l’appréciation des cas dont ils sont saisis.

 

2. Application par les tribunaux belges

En matière pénale

Hébergement des enfants


Autorité parentale exclusive


3. Dysfonctionnements du système judicaire identifiés

L’article 765/1 du Code judiciaire consacre la mission de transmission des informations du ministère public vers les juridictions de la famille, pour les affaires concernant des mineurs d’âge. Le ministère doit donc pouvoir informer les magistrats de la famille sur l’existence d’un contrôle coercitif.

Cependant, en pratique, des failles de partage d'informations entre départements judiciaires persistent :

·        Problèmes structurels du ministère public ne permettant pas de donner un avis complet et éclairé aux audiences familiales

·        Absence de digitalisation au niveau judiciaire empêchant les informations de circuler entre les magistrats d’arrondissement différents.

4. En résumé

La reconnaissance du contrôle coercitif en droit belge constitue une avancée majeure. Les tribunaux de la famille disposent désormais d'outils pour :

·        Identifier les schémas de domination au-delà des violences physiques

·        Protéger les victimes et les enfants par des mesures adaptées

·        Suspendre ou supprimer l'hébergement du parent violent

·        Accorder l'autorité parentale exclusive lorsque la coparentalité est invivable

Toutefois, le manque de moyens structurels et l'absence de digitalisation de la justice compromettent l'application effective de ces avancées. La communication défaillante entre le ministère public et les tribunaux de la famille reste un obstacle majeur à la protection des victimes.


Ce document n’est pas une consultation juridique. Pour toute question relative à votre situation personnelle, n'hésitez pas à nous contacter.

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